Depuis la révolution de 2011, la Syrie a connu une guerre civile dévastatrice, avec l’émergence de groupes djihadistes comme Daech, la répression du régime Assad et une crise humanitaire et économique sans précédent, entraînant l’exil de millions de personnes. Nombreux sont celles et ceux qui, après s’être réfugiés à Beyrouth, se sont installés à Paris, ou encore Berlin. Pour les artistes, le théâtre s’est alors affirmé comme un espace d’expression essentiel. Toutes et tous interrogent les fractures, les pertes et la mémoire de l’évènement, ainsi que la place de la création dans un monde ravagé par la violence. 

Mais ces auteurs et ces autrices nous rappellent surtout que, loin de faire taire les voix, l’exil les fait résonner autrement.

À l’occasion de la 79e édition du Festival d’Avignon, où la langue arabe est à l’honneur, la journaliste Anaïs Heluin est allée à la rencontre des artistes syriens qui ont répondu à l’invitation, afin de saisir ce que la création peut dire du déracinement, ce que l’exil fait à la langue.