Par Karine Samardžija

Numéro coordonné par Agniezska Zgieb

La Maison Antoine Vitez, en partenariat avec l’Institut Adam Mickiewicz et l’Université Paris Nanterre, vous invite à découvrir les autrices Malina Prześluga, Agnieszka Szpila et Małgorzata Sikorska-Miszczuk, le 23 janvier à 14 h, aux Plateaux Sauvages. À cette occasion, les étudiantes et étudiants du master « Théâtre : Mise en scène et Dramaturgie » donneront à entendre des extraits de textes de ces trois autrices lors d’une lecture publique. La rencontre sera suivie d’un bord plateau, en présence d’Agnieszka Szpila et Malina Prześluga, ainsi que de Małgorzata Sikorska-Miszczuk (en visio), accompagnées de leurs traductrices respectives, Cécile Bocianowski et Agnieszka Zgieb.

Dans son numéro de janvier consacré aux scènes polonaises, la revue Théâtre/Public déploie un vaste champ de réflexion autour des formes, des processus et des engagements à l’œuvre sur les plateaux. Coordonné par la traductrice Agnieszka Zgieb, ce dossier explore tour à tour la place des artistes dans la société, celle des femmes au théâtre, mais aussi les rapports entre scène et politique, ou encore les enjeux de l’enseignement artistique. Dans le prolongement de ce numéro, Sur le ring propose de revenir sur la place du texte dramatique et de celles et ceux qui l’écrivent.

Les écritures dramatiques contemporaines polonaises témoignent d’une vitalité indéniable. Portés par une génération d’autrices et d’auteurs attentifs aux fractures politiques, sociales et intimes du pays, les textes peinent pourtant à trouver le chemin de la scène. Cette difficulté s’inscrit dans un paysage théâtral profondément reconfiguré depuis les années 2000, avec l’essor du tandem dramaturge-metteur en scène. S’il a permis un renouvellement sensible des formes et des récits, ce modèle a aussi contribué à fragiliser l’autonomie du texte dramatique et, avec elle, la place des auteurs. C’est du moins le constat qu’en font le critique Tomasz Domagała et l’autrice dramatique Małgorzata Sikorska-Miszczuk dans les deux analyses qu’ils nous livrent.

Deux entretiens avec les autrices Agnieszka Szpila et Malina Prześluga viennent mettre en lumière ces tensions. Chez l’une comme chez l’autre, écrire relève du geste de résistance. Et même si leurs trajectoires dessinent deux manières distinctes d’habiter le théâtre, leurs positions ne s’opposent pas. Elles révèlent, au contraire, une même inquiétude :

Quelle place reste-t-il aujourd’hui aux auteurs et aux autrices ?

WOJNA, d’Agnieszka Przepiórska, m.e.s. Piotr Ratajczak, Teatr w Oknie, Gdansk © Sebastian Góra
WOJNA, d’Agnieszka Przepiórska, m.e.s. Piotr Ratajczak, Teatr w Oknie, Gdansk © Sebastian Góra